| Chronique économique de Roger Cukierman sur RCJ 94.8 le 23 octobre 2011 |
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L’antimondialisation Les débats des primaires socialistes ont été l’occasion de critiques contre la mondialisation. Qu’en pensez-vous ? La mode est à la critique du libéralisme, de l’Europe, de l’euro, de la mondialisation. Les porteurs de cette critique sont, on l’a vu, la gauche du PS, Arnaud Montebourg en tête, concurrencé encore plus à gauche par la virulence de Jean Luc Mélenchon. Cette extrême gauche est rejointe sur ce thème par l’extrême droite de Marine Le Pen. Et parfois même, mais plus ponctuellement et plus modérément, par certains membres de l’UMP, par exemple lorsqu’une pétition circule pour demander à Air France de renoncer à l’achat d’avions Boeing au profit des Airbus. Quels sont leurs arguments ? Principalement : On détruit nos emplois au profit des emplois à bas coût des pays émergents. L’euro est trop fort. Il faut protéger nos emplois en introduisant des barrières douanières aux frontières de la France. Ou des barrières règlementaires, ou sanitaires ou autres. La globalisation incite nos industriels à délocaliser leurs usines. Prenons exemple sur les Américains qui n’hésitent pas à faire des pressions politiques pour vendre leurs avions Boeing, ou sur les Russes qui ne respectent pas les lois du marché sur le prix du gaz qu’ils exportent. Ces mêmes Russes qui interrompent leurs exportations de blé dès qu’il y a pénurie. Les Chinois font de même sur les Terres Rares. Cessons d’être naïfs ! Restons Français ! Voilà ce qu’on nous dit ! Que valent ces arguments ? IL est faux de croire qu’un retour sur l’hexagone est possible. On ne peut plus retourner à l’âge de la diligence. La coopération internationale s’est déjà imposée sur la plupart des biens produits par l’industrie. Un téléviseur, un ordinateur, une voiture, c’est l’assemblage de pièces venues de différents pays. On l’a vu quand la catastrophe de Fukushima a bloqué les chaînes de production de nombreux fabricants de voitures dont Renault et Peugeot parce que certaines vis étaient produites dans la région de Fukushima. De même une grande partie des pièces de l’Airbus A380 vient des USA de la même manière qu’une partie du Boeing 787 Dreamliner est fabriquée en Europe. Il est illusoire de vouloir créer une ligne Maginot qui nous défendrait contre l’étranger et ses produits. Le contre exemple allemand est frappant. Voilà un pays qui vit dans le même environnement que nous, avec la même monnaie, mais qui arrive à exporter assez pour dégager des surplus de sa balance commerciale. Son industrie est florissante. C’est donc que le problème est ailleurs. Où est donc le problème ? Le problème c’est notre insuffisante compétitivité. Il faut produire des produits de qualité en s’appuyant sur la recherche et le développement. Or ils sont notoirement insuffisants en France. C’est un état d’esprit malheureusement assez répandu en France qui consiste à demander à l’état de protéger l’individu contre tous les risques de la vie. On porte un regard négatif sur l’argent, le profit, les riches. Cela n’incite guère à l’esprit d’initiative et à l’audace entrepreneuriale. D’où insuffisance de grosses PME familiales. D’où les 35 heures, d’où des syndicats combattifs, bien différents des syndicats allemands qui sont, eux, coopératifs. D’où une fiscalité, et des charges sociales supérieures à celles de nos concurrents. En un mot l’égalitarisme est un frein à la croissance. Que faut-il faire ? Le monde est aujourd’hui divisé en quelques grandes zones économiques : l’Amérique, l’Europe, l’Asie, l’Amérique du Sud. Nous avons la chance de disposer désormais d’un marché européen de 400 millions d’habitants. A nous de montrer notre capacité à vendre nos produits à l’Europe, et au monde extérieur. L’Europe n’est pas un problème, c’est une opportunité. Oui le monde est solidaire. Les quelque 160 membres de l’Organisation Mondiale du Commerce l’OMC présidée par un Français Pascal Lamy, en sont conscients et ne veulent pas entrer dans une guerre commerciale qui pourrait d’ailleurs dégénérer. Il ne faut pas céder aux voix du populisme. Il faut promouvoir dans notre pays l’esprit d’initiative, la valeur travail et sa sanction l’argent. L’Etat ne doit pas et ne peut pas tout faire. On l’a vu avec l’échec des régimes communistes. Le libéralisme n’est certes pas idéal, mais, comme pour la démocratie, on n’a pas trouvé mieux !
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