| Religions et Sciences – Les prophètes d’Israël Par André Namiech |
Religions et Sciences – Les prophètes d’Israël Par André NamiechDans son livre intitulé « Le souci des autres », le Grand Rabbin de France Gilles Bernheim citait un de ses maîtres le Rabbin Yéhiel Landa qui disait : « Ce n’est pas le pouvoir de conviction qui fait la grandeur d’une religion, mais plutôt sa capacité à donner à penser… » De son coté, le rabbin et grand physicien Aryé Kaplan constatait : « Plus les sciences feront des découvertes et des progrès, et mieux nous comprendrons certains textes de la Torah qui nous sont encore obscurs… » C’est avec un souci constant de tirer profit de ces deux domaines de recherche : Religions et Sciences, que j’essaie modestement de mieux comprendre la Torah et de partager avec d’autres ce qu’elle renferme de connaissances qui pourraient nous amener à une meilleure compréhension de l’homme et de son évolution. C’est ainsi qu’en relisant la Genèse, je constate que le chapitre VI révèle des informations encore assez ambiguës, mais qui, grâce aux plus récentes découvertes des sciences contemporaines, nous paraissent aujourd’hui tout à fait plausibles. En effet le texte nous raconte la venue sur terre des « B’nei Elohim » (traduit en français par « les Fils de la race divine »), en précisant : « Quand les hommes eurent commencé à se multiplier sur la terre et que des filles leur naquirent, les « Fils de la race divine » trouvèrent que les filles de l’homme étaient belles et ils choisirent pour femmes toutes celles qui leur convinrent…. » Le texte ajoute un peu plus loin: « Les Néfilim, (que l’on pourrait traduire, étant donné ce contexte, par « ces hommes tombés du ciel), parvinrent sur terre à cette époque et aussi depuis, lorsque les « hommes de Dieu » se mêlaient aux filles de l’homme et qu’elles leur donnaient des enfants, ce furent ces hommes forts d’autrefois, si renommés… » Il est intéressant de noter, entre parenthèse, que la venue sur terre de « B’nei Elohim (ou Fils de la race divine) est aussi mentionnée dans d’autres civilisations, en particulier chez les Mayas. Revenons aux textes bibliques : Ces accouplements des « Fils de la race divine » avec les filles de l’homme ne semblent pas avoir été conformes aux espérances divines puisque le texte nous révèle que : « L’Eternel vit que les méfaits de l’homme se multipliaient sur la terre et que le produit des pensées de son cœur étaient constamment mauvais… Et l’Eternel regretta d’avoir créer l’homme sur la surface de la terre… » Je suis amené à envisager, avec beaucoup de réserves, l’interprétation suivante : Les « Fils de la race divine » ne devaient pas seulement transmettre aux hommes de la terre des connaissances techniques, scientifiques, agronomiques et biologiques, mais ils devaient aussi et surtout, chercher à élever la conscience morale et spirituelle des peuples vers lesquels ils étaient envoyés. Je pense que c’est en cela que les « B’nei Elohim » n’ont pas rempli totalement leurs missions. Ce serait donc ce qui explique pourquoi l’Eternel a provoqué un déluge qui devait faire disparaître l’humanité qui persistait à avoir un « comportement constamment mauvais », comme le souligne le texte. Après une nouvelle tentative de repeuplement de la terre, en sauvant Noé et sa famille du déluge, c’est à partir du prophète Abraham, considéré comme le père du monothéisme, qu’un tournant décisif sera marqué dans l’histoire de l’humanité. En effet, alors que les tribus et les peuples se concentraient principalement sur leur propre destin individuel de survie, en pratiquant le polythéisme et l’idolâtrie, voici qu’un message à caractère universel est transmis à Abraham : « Par toi seront heureuses toutes les races de la terre … » C’est ainsi, qu’à partir de ce moment, ce seront les prophètes qui seront chargés de rappeler aux hommes la nécessité d’appliquer les règles morales, spirituelles et de justice, dans une dimension universelle, sous l’œil attentif d’un Dieu unique, à la fois immanent et transcendant. C’est ce phénomène d’évolution sociale et spirituelle que le grand philosophe Henri Bergson appellera « l’évolution créatrice ». C’est aussi vers la fin de sa vie qu’il expliquera le fond de sa pensée dans un livre intitulé « Les deux sources de la morale et de la religion ». Le Rabbin Joseph Albo, philosophe espagnol du 15ème siècle observait : « En général, la prophétie n’apparaît pas dans le genre humain afin de régler des affaires personnelles d’un individu et de lui révéler son avenir, comme le font les magiciens et les astrologues. Le but du prophète est de conduire le genre humain, dans sa totalité, vers son accomplissement et sa plénitude… » Dans son livre intitulé « Le Retour d’Israël et l’espérance du monde », Abraham Livni explique : « Le dévoilement de la réalité prophétique, ainsi que la sagesse plusieurs fois millénaire qui en a patiemment exploré toutes les dimensions, ont fait d’Israël une source d’intériorité et de connaissances spirituelles, un pôle de moralité et de sainteté sans équivalence dans le monde. La lignée des prophètes et des sages, en une continuité ininterrompue, remonte à l’origine des temps ». |